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Période de houle : 12 s donne de meilleures vagues que 6 s
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Période de houle : 12 s donne de meilleures vagues que 6 s

Par Mélanie, Designer chez Swelly

Mis à jour le 8 min de lecture

Sur un surf report, tu regardes d'abord la hauteur des vagues, mais le chiffre en secondes écrit juste après compte presque autant. Avec la même hauteur de 1,5 m, une houle de 6 s donne des vagues rapprochées et en vrac, et une houle de 12 s des séries bien rangées, beaucoup plus faciles à surfer.

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Houle

Quand une dépression tourne au milieu de l'Atlantique, le vent pousse l'eau pendant des heures et lève des vagues, qui finissent par quitter la zone et continuer seules. En route, elles se trient et s'alignent, et ces vagues alignées forment la houle. Quand elle arrive chez toi en séries bien rangées, le vent qui l'a levée est parfois tombé depuis deux jours.

La mer du vent, levée sur place en vagues courtes et désordonnées, et la houle venue d'une tempête au large, en longues lignes régulières

La mer du vent, elle, est levée sur place par le vent du moment, donc elle est courte et pointue, part dans tous les sens et retombe dès que le vent tombe. Les deux se superposent souvent, avec une belle houle d'ouest et un clapot local par-dessus, et on parle alors de mer croisée.

Période

La période, c'est le temps qui sépare deux crêtes passant au même endroit. Sur un surf report, elle s'écrit juste après la hauteur, par exemple « 1,3 m - 9 s », et tu peux même la chronométrer depuis la plage en prenant un rocher comme repère.

Les repères des surfeurs de l'Atlantique :

  • 5 à 7 s : houle courte, en général de la mer du vent levée pas loin, qui arrive molle et en vrac.
  • 8 à 10 s : houle moyenne, et sur un beach break bien orienté, ça commence à ressembler à quelque chose.
  • 11 s et plus : houle longue, venue d'une dépression lointaine, qui monte jusqu'à 16 ou 17 s en Atlantique.

Plus la période est longue, plus les crêtes sont espacées. Au large, la distance entre deux crêtes vaut environ 1,56 fois la période au carré, en mètres, soit 56 m à 6 s et 225 m à 12 s, donc doubler la période multiplie cette distance par quatre. Une vague commence à sentir le fond quand la profondeur passe sous la moitié de cette distance, vers 28 m pour une houle de 6 s, presque au bord, et vers 150 m pour une 14 s, parfois à des kilomètres de la plage. La houle longue a donc tout le temps d'être déviée par le relief du fond avant d'arriver.

12 s ou 6 s

Prends deux houles de 1,5 m. À 6 s, il passe dix vagues par minute, courtes, cambrées et souvent encore poussées par le vent, et elles ferment sur toute la plage d'un coup. Comme il n'y a pas d'accalmie pour passer la barre, la zone où les vagues cassent, tu prends tout sur la tête et la mousse te ramène au bord.

À 12 s, les vagues arrivent par séries, avec des pauses entre deux. Pendant leur long voyage, les vagues plus courtes se sont dissipées, donc elles arrivent régulières, sentent le fond tôt, se redressent sur le banc et ouvrent une épaule, une partie encore lisse le long de laquelle tu peux glisser. Elles poussent aussi plus fort, ce qui t'aide au take-off, le moment où tu te lèves sur la planche, et elles cassent plus haut au bord : pour 1 m au large sur un spot bien exposé, une 6 s arrive plutôt à la ceinture, une 12 s plutôt aux épaules.

L'énergie d'une houle augmente avec le carré de sa hauteur, donc une mer de 2 m à 6 s transporte plus d'énergie que 1 m à 14 s, environ 12 kW par mètre de vague contre 7. Mais au line-up, là où les surfeurs attendent les vagues, le 1 m à 14 s donne presque toujours les meilleures vagues, parce que son énergie arrive rangée, dans une seule direction, et concentrée dans les séries. La mer de 2 m à 6 s l'éparpille au contraire en crêtes courtes et en moutons, en général avec le vent qui souffle encore dessus.

Sur une page spot, la carte Vagues affiche « Vagues très puissantes » pour 1 m - 14 s et « Vagues puissantes » pour 2 m - 6 s, et quand la période est trop courte, la note du jour l'indique : « Période trop courte : vagues rapprochées et désordonnées ».

Une 14 s reste difficile pour un débutant, parce qu'elle pousse fort, que ses séries sont plus grosses que la moyenne annoncée et que du courant s'installe. Pour apprendre, mieux vaut une houle de 8 à 10 s sur du sable (on en parle dans les spots pour débutants).

Fetch

La houle d'une tempête dépend de la force du vent, du temps pendant lequel il souffle et de la distance de mer qu'il balaie sans obstacle, ce que les surfeurs appellent le fetch. Tant que ça souffle, hauteur et période grandissent ensemble, donc une dépression qui balaie l'Atlantique pendant des jours sort de la houle longue, alors qu'un coup de vent sur un petit bassin ne donne que de la mer courte. Du coup, en Méditerranée, les vagues sont de la mer du vent et les fenêtres durent un jour ou deux.

Pendant le voyage, les courtes périodes s'épuisent alors que les longues continuent, et au-delà de 13 s, une houle traverse un océan sans presque rien perdre. Les longues vont aussi plus vite, à environ 0,78 fois la période en mètres par seconde, donc une 14 s avance à 39 km/h, près de 950 km par jour, et une 10 s fait moins de 700 km par jour. Partie d'une dépression à 3 000 km, la 14 s arrive en un peu plus de trois jours, et la 10 s plus d'une journée après.

Une houle arrive donc d'abord par sa période la plus longue, avec des premières séries très espacées, puis la période raccourcit. Le jour où elle est la plus longue n'est pas forcément celui où les vagues sont les plus grosses.

Au spot

La hauteur d'un surf report est mesurée au large, et entre ce point et ton pic, le fond et la côte la transforment.

La même houle sur deux fonds : sur une pente douce la vague s'ouvre progressivement, sur un fond qui remonte brusquement elle devient plus creuse et plus puissante

Quand la houle sent le fond, elle ralentit là où c'est moins profond, donc ses crêtes pivotent et l'énergie se concentre sur les bancs, les récifs et les pointes. Plus la période est longue, plus la houle s'enroule dans les recoins de la côte, et une 14 s peut faire marcher un spot qui ne lui fait pas face. Près du bord, la vague se dresse en arrivant sur le fond, et plus le fond remonte vite, plus elle casse creux.

À La Gravière, le gouf de Capbreton, un canyon sous-marin, amène l'eau profonde à quelques centaines de mètres du sable, donc une houle longue y arrive presque intacte et lâche tout sur le banc, en tubes réservés aux experts. Sur les reefs du Pays basque, des fonds de roche, Le Parlementia reste plat tant que la houle manque de taille, et Lafitenia déroule sa longue droite par houle de nord-nord-ouest de longue période, alors qu'une houle courte n'y donne rien de bon. Sur les bancs de sable de Lacanau La Nord, une 9 ou 10 s suffit pour de très bonnes sessions, et quand tu tombes, c'est dans le sable.

Un cap, une digue ou une baie fermée arrêtent aussi une partie de la houle. La Torche prend presque tout, de l'ouest-sud-ouest au nord-ouest, alors que juste à côté, Porz Carn, protégée par la pointe, reçoit une vague plus basse et plus lente. C'est la même chose à Capbreton entre Le Prévent, derrière les digues du port, et La Piste. Aux Lecques, une baie abritée de Méditerranée, il faut une mer bien grosse au large pour que ça rentre.

Sur une page spot, les chiffres de la carte Vagues sont ceux du large, comme sur tous les surf reports, mais le repère au corps (« Aux genoux », « Aux épaules »), le verdict par niveau et la note tiennent compte de ce que le spot reçoit. Ils dépendent de son exposition et de sa fenêtre de houle, les directions d'où la houle peut l'atteindre, et quand la houle n'y entre pas, la carte affiche « Houle mal orientée ».

Pour lire le reste du report, vent et marée compris, va voir comment lire les conditions de surf, puis choisis ton spot sur la page des surf reports.

FAQ

C'est quoi la houle ?

C'est une ondulation régulière de la mer, levée par un vent lointain, qui voyage seule jusqu'à la côte, où elle se transforme en vagues.

Quelle est une bonne période pour surfer ?

À partir de 8 à 10 s, un beach break commence à donner de belles vagues. Au-delà de 11 ou 12 s, la houle est longue et puissante, et elle convient plutôt aux surfeurs confirmés et aux reefs. Sous 7 s, c'est le plus souvent de la mer du vent.

2 m à 6 s, c'est plus gros que 1 m à 14 s ?

Sur le papier oui, parce que la mer de 2 m porte plus d'énergie, mais au bord, le 1 m à 14 s donne presque toujours des vagues plus propres, mieux rangées et plus faciles à prendre.

Pourquoi la hauteur annoncée ne correspond pas à ce que je vois ?

Elle est mesurée au large, et le fond, l'orientation et l'abri du spot la transforment : une baie abritée reçoit moins, un banc ou un canyon sous-marin peut la faire casser plus haut.

SURF REPORT

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Illustration d'un surfeur consultant les prévisions Swelly