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Dico du surf

Tous les mots que tu croises sur une fiche de spot, expliqués en une phrase. Et en dessous, ce que chacun change concrètement pour ta session.

La vague et la houle

Houle

L'onde qui traverse l'océan avant de devenir une vague en arrivant au bord.

La houle naît d'un vent qui souffle longtemps sur une grande étendue d'eau, souvent à des centaines de kilomètres de la côte. Elle voyage ensuite toute seule, sans le vent qui l'a créée. Quand elle rencontre un fond qui remonte, elle se dresse et casse : c'est la vague. On la décrit par trois chiffres, sa hauteur, sa période et sa direction, et c'est la période qui dit le plus de choses.

Période

Le nombre de secondes entre deux vagues. C'est ce qui dit si la houle pousse.

Au-delà d'une dizaine de secondes, la houle vient d'une tempête lointaine : elle est pleine, bien rangée, et elle pousse fort. En dessous de huit secondes, elle vient d'un vent proche, elle est courte et désordonnée. À hauteur égale, une vague de 12 secondes n'a rien à voir avec une vague de 6 secondes : elle porte bien plus d'énergie, elle casse plus creux, et elle fait reculer davantage quand on rame dedans.

Mer du vent

Une mer levée par le vent local, courte et désordonnée, par opposition à une vraie houle.

Quand le vent souffle fort près de la côte, il lève immédiatement des vagues courtes qui partent dans tous les sens. C'est ce qu'on appelle la mer du vent, ou le clapot. Elle monte vite et elle retombe vite. En Méditerranée, c'est même la seule façon dont les vagues se forment, ce qui explique que les fenêtres surfables n'y durent qu'un jour ou deux.

Série

Un groupe de vagues plus grosses, séparé par une accalmie.

Les vagues n'arrivent pas une par une et régulièrement : elles viennent par paquets de trois à huit, avec du calme entre deux. Savoir lire les séries change tout. On profite de l'accalmie pour passer la barre, et on se place avant que la série n'arrive plutôt que de ramer dedans. Un débutant qui entre à l'eau au mauvais moment passe sa session à se faire repousser.

Mousse

L'eau blanche d'une vague déjà cassée, près du bord.

C'est là qu'on commence. La mousse pousse la planche sans qu'on ait à ramer dans un mur d'eau, et elle permet d'apprendre à se lever sans gérer en plus le moment du décollage. Tous les spots un peu costauds renvoient les débutants aux mousses du bord les jours de grosse houle, et c'est un bon conseil plutôt qu'une relégation.

Tube

Quand la vague s'enroule et forme un cylindre creux dans lequel on peut passer.

C'est la figure la plus recherchée du surf, et elle demande une vague qui casse creux sur un fond peu profond. En France, La Gravière à Hossegor en est l'exemple le plus connu. Ce qui rend le tube beau le rend aussi dangereux : peu d'eau sous la vague, et une chute qui envoie vers le fond plutôt que vers l'avant.

Shorebreak

Une vague qui casse directement sur le sable, sans dérouler.

Quand la plage remonte d'un coup, la vague n'a pas le temps de se déployer : elle se referme sur elle-même juste au bord, avec toute son énergie d'un seul bloc. C'est spectaculaire et c'est la première cause de blessures d'épaule et de nuque sur les plages françaises. La parade est simple : ne pas rester dans la zone d'impact, et passer dessous plutôt que d'essayer de la franchir.

Fetch

La distance sur laquelle le vent souffle sur la mer pour fabriquer une houle.

Plus cette distance est grande, plus la houle a de place pour se former, et plus elle sera puissante et longue en période. C'est toute la différence entre l'Atlantique, où une dépression dispose de milliers de kilomètres, et la Méditerranée, où le bassin est trop petit pour produire une houle longue. C'est aussi pourquoi les plages du Languedoc, tournées vers l'est, n'ont d'espoir que lors d'un coup de mer d'est.

Le vent

Offshore

Un vent qui souffle de la terre vers la mer. C'est le bon vent pour surfer.

Il souffle à contresens des vagues, les retient, les tient debout plus longtemps et lisse la surface de l'eau. Une même houle donne une session magnifique en offshore et une bouillie en onshore. Pour savoir d'où il doit venir sur un spot donné, il suffit de regarder où la plage regarde : le bon vent vient du côté opposé, c'est-à-dire de derrière vous quand vous faites face à la mer.

Onshore

Un vent qui souffle de la mer vers la terre. Il abîme les vagues.

Il pousse les vagues dans le dos, les fait tomber trop tôt et hache le plan d'eau. Une heure d'onshore soutenu suffit à transformer une bonne session en mer désordonnée. C'est ce qui arrive presque tous les après-midi d'été sur la côte atlantique, quand la brise thermique se lève : d'où le conseil récurrent de surfer le matin.

Side-shore

Un vent qui souffle parallèlement à la plage.

Ni bon ni catastrophique. Il ne détruit pas la vague comme un onshore, mais il la déforme et il pousse à dériver le long de la plage pendant la session. Sur un spot avec des épis ou des rochers, un side-shore soutenu vous emmène vers eux sans que vous le sentiez : c'est la configuration où il faut le plus souvent vérifier sa position par rapport à un repère à terre.

Brise thermique

Un vent local qui se lève l'après-midi parce que la terre chauffe plus vite que la mer.

En été, le sol se réchauffe, l'air monte, et l'air marin vient combler le vide : c'est une brise de mer, donc un onshore, qui se lève en général en début d'après-midi et qui défait le plan d'eau en moins d'une heure. C'est pour ça que les sessions du matin sont presque toujours les meilleures entre juin et septembre sur la côte atlantique.

La marée

Marée

La montée et la descente du niveau de la mer, deux fois par jour sur la côte atlantique.

Elle change la profondeur d'eau au-dessus des bancs de sable et des rochers, donc elle change la vague. Beaucoup de spots ne fonctionnent que sur une fenêtre précise : bancs dessinés et vague creuse à marée basse et en début de montante, plan d'eau qui s'aplatit à pleine mer. En Méditerranée, en revanche, le marnage se compte en dizaines de centimètres et la marée n'est pas un paramètre.

Marnage

La différence de hauteur d'eau entre la marée basse et la marée haute.

Il varie énormément selon l'endroit. En Bretagne nord et en Normandie, il compte parmi les plus forts d'Europe et peut dépasser dix mètres en vives eaux : un spot y change complètement de physionomie dans la même journée, et certaines plages disparaissent entièrement. En Méditerranée, il est de quelques dizaines de centimètres et n'a aucun effet.

Coefficient de marée

Un nombre de 20 à 120 qui dit si la marée du jour est faible ou forte.

Plus le coefficient est élevé, plus l'écart entre basse et haute mer est grand, et plus les courants qui accompagnent le mouvement de l'eau sont puissants. C'est la raison pour laquelle le risque de courant de retour augmente par fort coefficient, et pourquoi certaines plages ne disparaissent sous l'eau qu'au-delà d'un certain seuil.

Étale

Le moment où la mer ne monte ni ne descend, juste avant de repartir dans l'autre sens.

Il dure une trentaine de minutes autour de la pleine et de la basse mer. C'est le moment où les courants liés à la marée sont les plus faibles, donc le plus calme pour entrer à l'eau sur un spot où ces courants posent problème. Sur les côtes à fort marnage comme le Cotentin ou la Bretagne nord, c'est une information de session à part entière.

Estran

La bande de plage découverte à marée basse et recouverte à marée haute.

Sur les côtes à fort marnage, il peut faire plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres en baie d'Audierne ou dans le Cotentin. Cela a deux conséquences très concrètes : la distance à parcourir avec sa planche varie énormément selon l'heure, et les reliefs qui affleurent à marée basse sont invisibles quelques heures plus tard.

Le fond et le type de spot

Beach break

Une vague qui casse sur des bancs de sable.

C'est le type de spot le plus répandu en France, et le plus tolérant : on peut y tomber sans se faire mal. Sa particularité est que les bancs bougent. Ils se refont à chaque série de tempêtes, et le meilleur pic peut se décaler de plusieurs dizaines de mètres d'une semaine à l'autre. D'où le réflexe de regarder le plan d'eau depuis la dune avant de se changer.

Reef break

Une vague qui casse sur un fond de roche ou de corail.

Le fond ne bouge pas, donc la vague casse toujours au même endroit : elle est régulière et lisible, ce qui en fait souvent une très bonne vague. En contrepartie, une chute ne pardonne pas comme sur du sable, l'entrée et la sortie de l'eau demandent de savoir par où passer, et la profondeur sous la vague est parfois faible. En France, Le Parlementia à Guéthary et Carro près de Marseille en sont deux exemples.

Point break

Une vague qui rencontre une pointe rocheuse et déroule ensuite le long de la côte.

Au lieu de se refermer d'un coup comme sur un banc de sable, la vague se met à dérouler, toujours au même endroit, et elle peut être très longue. C'est ce qui fait la réputation de Lafitenia à Saint-Jean-de-Luz. Le revers est social : sur un point break il n'y a pas dix endroits où prendre la vague, il y en a un, et le pic est donc très disputé.

Banc de sable

Un relief de sable sous l'eau, sur lequel la vague se dresse et casse.

C'est lui qui fabrique la vague sur un beach break : sans relief, la houle arriverait jusqu'au bord sans jamais déferler. Un banc bien dessiné donne une vague franche qui casse proprement ; un banc plat donne une mousse qui s'écrase. Comme ils se déplacent au fil des houles et des marées, la qualité d'une plage varie d'un mois à l'autre sans que rien d'autre ait changé.

Épi

Un ouvrage de pierre ou de bois posé perpendiculairement à la plage pour retenir le sable.

Il structure les bancs, ce qui crée des pics répétables d'un côté. Mais il crée aussi un couloir : l'eau que les vagues poussent vers la plage doit repartir, et elle longe l'ouvrage pour filer vers le large. C'est pourquoi un courant de retour se forme presque systématiquement contre un épi. On n'entre jamais à l'eau collé à un ouvrage en dur.

Les dangers

Courant de retour

Un couloir d'eau qui repart vers le large, capable d'emporter quelqu'un en quelques minutes.

Les vagues poussent de l'eau vers la plage ; cette eau doit repartir, et elle prend le chemin le plus facile. Le résultat est un courant étroit et rapide qui file au large. Il se repère à une zone d'eau plus calme et plus sombre entre deux secteurs où les vagues cassent, c'est-à-dire à l'endroit qui paraît le plus accueillant. Si vous êtes pris : ne remontez jamais à contre-courant, laissez-vous porter, sortez sur le côté parallèlement à la plage, puis revenez vers le bord.

Baïne

Une cuvette creusée entre deux bancs de sable, qui se vide vers le large à marée descendante.

C'est la forme que prend le courant de retour sur le littoral de Gironde et des Landes, et c'est le premier facteur de noyade en France. À marée montante la cuvette se remplit, à marée descendante elle se vide, et l'eau file au large par une passe étroite. Le risque augmente à marée descendante et par fort coefficient. Vue de la plage, une baïne est une zone d'eau calme et sombre entre deux secteurs où les vagues cassent : c'est exactement là qu'il ne faut pas entrer.

Ressac

L'eau qui redescend vers le large après avoir déferlé, et qui percute la vague suivante.

Sur une plage à pente douce, elle s'étale et s'épuise. Sur une pente raide, une plage de galets ou contre une falaise, elle redescend avec force et désorganise tout le plan d'eau du bord. C'est ce qui rend l'entrée et surtout la sortie de l'eau physiques et parfois dangereuses, et c'est un moment où beaucoup de gens se blessent, plus que sur la vague elle-même.

La barre

La zone où les vagues déferlent, qu'il faut traverser à la rame pour rejoindre le large.

Quand elle est large et que les séries s'enchaînent sans accalmie, le passage coûte très cher en énergie : on avance de dix mètres, une vague en fait reculer cinq, et on arrive épuisé avant d'avoir surfé. Beaucoup de sessions qui tournent mal commencent par une rame trop dure, pas par une vague trop grosse. Le bon réflexe est de repérer un couloir où les vagues cassent moins, et de partir sur une accalmie.

La pratique

Take-off

Le moment où l'on passe de la position allongée à debout.

C'est le geste central du surf et celui qui prend le plus de temps à acquérir. Il se joue en une seconde : la vague prend la planche, on pose les mains, on ramène les pieds, on se lève. Plus la vague est creuse et rapide, moins on a de temps, ce qui explique que certains spots soient décrits comme demandant de la réactivité.

Duck dive

Passer sous une vague en enfonçant l'avant de la planche, pour rejoindre le large.

C'est la technique qui permet de franchir la barre sans se faire repousser à chaque vague. Elle demande une planche assez fine pour s'enfoncer, ce qui la rend impossible sur une planche de débutant, volumineuse et flottante. D'où le paradoxe : les spots où il faut le plus savoir passer la barre sont souvent ceux où un débutant ne le peut pas.

Line-up

La zone où les surfeurs attendent, juste au large de l'endroit où les vagues cassent.

C'est le point de rendez-vous de la session, et la place y est limitée : sur un bon spot, tout le monde veut être au même endroit. D'où les règles de priorité, qui ne sont pas de la politesse mais de la sécurité, et l'ambiance parfois tendue des spots réputés. Se placer au line-up demande de repérer un alignement entre deux points à terre pour tenir sa position malgré la dérive.

Combinaison

La tenue en néoprène qui protège du froid, choisie selon la température de l'eau.

L'épaisseur se lit en deux chiffres, le premier pour le buste, le second pour les bras et les jambes. En gros : shorty au-delà de 20 °C, intégrale 3/2 mm entre 17 et 20 °C, 4/3 mm entre 13 et 17 °C, 5/4 mm avec cagoule, gants et chaussons en dessous. Le vent compte autant que l'eau : à 20 °C avec du vent, c'est intégrale et pas shorty. En Bretagne et en Normandie, l'eau reste froide toute l'année.

Ces mots pris un par un, c'est bien. Les voir à l'oeuvre sur une vraie page de conditions, c'est mieux : le guide pour lire les prévisions reprend tout dans l'ordre, en six étapes.

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