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Coefficient de marée et surf : à quelle heure y aller
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Coefficient de marée et surf : à quelle heure y aller

Par Mélanie, Designer chez Swelly

Mis à jour le 8 min de lecture

Il t'est sûrement déjà arrivé de surfer de belles vagues le matin, puis de revenir l'après-midi, avec la même houle et le même vent, et de ne plus trouver que des vagues qui ferment au bord. Entre les deux, c'est la marée qui a changé, et pour savoir à quelle heure ton spot marche, il faut regarder l'heure de la pleine mer et le coefficient du jour.

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Une vague casse quand le fond remonte sous elle, que ce soit un banc de sable sur un beach break ou une dalle de roche sur un reef, et la marée fait varier la quantité d'eau au-dessus de ce fond. Quand il n'y en a pas assez, la vague ferme d'un coup, et quand il y en a trop, la houle passe sur les bancs sans se lever et vient s'écraser au bord, donc chaque spot a sa fenêtre entre les deux.

Coefficient

Chez nous, la mer monte et descend deux fois par jour, et comme un cycle dure environ 12 h 25, les horaires de marée glissent de trois quarts d'heure d'un jour à l'autre. Le coefficient, calculé par le Shom pour le port de Brest, dit si la marée du jour est petite ou grande, sur une échelle de 20 à 120 :

  • 20 : la mer bouge à peine ;
  • 45 : morte-eau moyenne ;
  • 70 : la bascule entre mortes-eaux et vives-eaux ;
  • 95 : vive-eau moyenne ;
  • 100 : vive-eau moyenne d'équinoxe, la référence ;
  • 120 : les très grandes marées.

Le coefficient suit la Lune. À la nouvelle lune et à la pleine lune, la Lune et le Soleil tirent dans le même sens, donc les marées sont fortes, au-dessus de 70, et on parle de vives-eaux. Aux quartiers, ils tirent l'un contre l'autre et les marées sont faibles, ce sont les mortes-eaux. On passe des unes aux autres en une semaine, et les plus grosses marées tombent autour des équinoxes, en mars et en septembre.

Plus le coefficient est fort, plus la mer monte haut et descend loin, et plus elle va vite, donc les courants se renforcent aussi. Dans les baïnes de Gironde et des Landes, ces cuvettes d'eau entre la plage et les bancs de sable, la marée descendante tire fort vers le large les jours de gros coefficient. Par contre, le coefficient ne change rien à la taille des vagues, qui vient de la houle et de sa période.

Certains spots ont même besoin d'un fort coefficient. À Trestraou, à Perros-Guirec, la plage est en pente douce et la vague ne trouve sa pente qu'une fois la mer bien remontée, donc les locaux visent la seconde moitié de la marée montante, avec un coefficient d'au moins 70 à 75.

Sur Swelly, la carte Marée de chaque spot donne l'état de la marée (Basse mer, Montante, Pleine mer, Descendante), le coefficient à sa droite (« Coef. 97 ») et les heures des prochaines pleines et basses mers.

Marnage

Le coefficient est le même partout pour une journée donnée, mais la hauteur dont la mer monte et descend chez toi change beaucoup d'une côte à l'autre. Cet écart en mètres entre la basse mer et la pleine mer, c'est le marnage.

La même plage à marée basse, avec le sable découvert, et à marée haute, avec la plage recouverte

En Manche, il atteint 13 m en baie de Saint-Malo et 15 m en baie du Mont-Saint-Michel, donc la plage que tu as vue le matin peut avoir disparu six heures plus tard. Au Pays basque, il tourne autour de 3,5 à 4,5 m, parmi les plus faibles de la façade atlantique, et ça suffit déjà largement à transformer une vague.

En Méditerranée, la mer ne bouge le plus souvent que de quelques dizaines de centimètres, donc à La Grande-Motte ou à Sète, Swelly n'affiche pas de coefficient, et ce sont la houle et le vent qu'il faut regarder.

Douzièmes

La mer ne monte pas à vitesse constante. Les navigateurs utilisent la règle des douzièmes : on découpe le marnage en douze parts, et sur les six heures de montée, la mer prend 1, 2, 3, 3, 2 puis 1 douzième par heure, donc la moitié de la montée se fait pendant les deux heures du milieu.

Au Pays basque, avec 4 m de marnage, un douzième fait 33 cm, donc l'eau monte d'un mètre en une heure au milieu de la marée. À Saint-Malo, avec 12 m de marnage, elle monte de trois mètres dans la même heure.

Autour de la basse mer et de la pleine mer, la mer bouge peu et les courants se calment, c'est ce qu'on appelle l'étale. À mi-marée au contraire, la hauteur d'eau change si vite qu'un spot peut se mettre à marcher, ou arrêter de marcher, en une heure, donc si le tien ne marche qu'à mi-marée, repère à quelle heure la fenêtre s'ouvre, et surtout à quelle heure elle se ferme.

Mi-marée

On entend « mi-marée montante » sur tous les parkings, d'abord parce que sur beaucoup de beach breaks, les bancs de sable font le mieux casser la vague avec une hauteur d'eau moyenne. Ensuite, pendant la montante, l'eau revient vers le bord et la houle arrive sur un fond qui se remplit, alors qu'à la descendante, les baïnes se vident et le courant de retour tire plus fort.

La Torche, à Plomeur, se surfe plutôt à mi-marée montante et jusqu'à l'approche de la pleine mer, alors qu'à basse mer elle donne nettement moins. Juste au nord, Tréguennec marche aussi mieux à mi-marée, parce qu'à marée haute il y a des blockhaus à surveiller et il ne reste que des galets au bord.

D'autres spots ont besoin de beaucoup d'eau. À Cenitz, à Guéthary, le fond est fait de larges dalles de roche, couvertes à marée haute, qui sortent de l'eau à marée basse, et le spot devient alors franchement dangereux. C'est la même chose aux Huttes, à Saint-Denis-d'Oléron, où des plaques rocheuses affleurent à basse mer et où il faut savoir par où passer pour aller jusqu'aux vagues.

Quand la marée fait baisser la note du jour, le résumé de Swelly te le dit, par exemple avec « Marée défavorable : ce spot marche à mi-marée ».

Pleine mer

Sur une plage adossée à une falaise ou à une digue, la pleine mer pose un autre problème. La vague monte jusqu'au mur, rebondit et repart percuter la suivante, ce que les surfeurs appellent le ressac, et le plan d'eau devient tellement désordonné qu'entrer dans l'eau ou en sortir demande de gros efforts.

Avec un fort coefficient, il ne reste parfois plus un mètre de sable. À La Côte des Basques, à Biarritz, le spot où beaucoup apprennent marche bien à marée basse et autour de la mi-marée, mais dès que le coefficient dépasse 45, la pleine mer recouvre la plage jusqu'au pied de la falaise. C'est la même chose au Petit Minou, à Plouzané, qui ne marche bien qu'autour de la basse mer. Au Sillon, à Saint-Malo, la montante est le bon moment pour surfer, mais à pleine mer de fort coefficient la houle tape contre la digue et les remparts, donc il n'y a plus rien à surfer ni d'endroit où sortir de l'eau, et là-bas il faut regarder le coefficient avant de regarder l'heure.

Sur les spots concernés, Swelly le signale dans le résumé avec « Pleine mer de fort coefficient : plage recouverte, attention au ressac », et par une alerte comme « Pleine mer vers 16h, fort coef. : ressac » qui te prévient à l'avance. Avant de te mettre à l'eau, demande-toi par où tu sortiras deux heures plus tard.

Pour lire la marée avec la houle et le vent, va voir l'article pour lire un surf report, et si un mot te bloque (estran, étale, baïne), tu le trouveras dans le dico du surfeur.

FAQ

C'est quoi un bon coefficient pour surfer ?

Ça dépend du spot. Avec un coefficient moyen, la mer monte moins vite et la fenêtre de ton spot reste ouverte plus longtemps, alors qu'un fort coefficient renforce les courants et recouvre certaines plages à pleine mer. Quelques spots, comme Trestraou, en ont au contraire besoin pour avoir assez d'eau.

Plutôt marée montante ou descendante ?

Sur beaucoup de spots, c'est la montante, parce que la houle arrive sur un fond qui se remplit et que le courant vers le large est plus faible. À la descendante, les baïnes se vident et le courant de retour se renforce, surtout quand le coefficient est fort.

Pourquoi mon spot ne marche pas à marée haute ?

Il y a trop d'eau sur les bancs, donc la houle passe au-dessus sans se lever et casse d'un coup au bord. Contre une falaise ou une digue, il faut y ajouter le ressac.

Y a-t-il des marées en Méditerranée ?

Très peu, la mer y bouge le plus souvent de quelques dizaines de centimètres, donc Swelly n'y affiche pas de coefficient.

Où voir le coefficient du jour ?

Sur chaque page spot de Swelly, dans la carte Marée : l'état (Basse mer, Montante, Pleine mer, Descendante), le coefficient au format « Coef. 97 » et les heures des prochaines pleines et basses mers.

SURF REPORT

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